Sommeil de l'enfant

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en novembre 2021

Sommaire

Quels que soient l'âge d'un enfant et la qualité de son sommeil, il se trouve des périodes plus délicates avec des réveils au cours de la nuit, des terreurs nocturnes, des cauchemars, etc. Cet article vous explique les raisons d'un sommeil de l'enfant perturbé chez et quelques moyens simples possibles de les prévenir.

Sommeil enfant : causes de perturbation

L'enfant : un être cyclique

La vie de l'enfant, et notre vie d'adulte cherchent en permanence leur équilibre car toute vie alterne :

  • cycle de la naissance et de la croissance ;
  • cycle de la nature, des saisons, du jour et de la nuit, de la lune ;
  • cycle féminin menstruel ;
  • cycle de repos et d'activité ;
  • cycle veille-sommeil, etc.

À six mois de vie, le sommeil de l'enfant est organisé. Mais des variations se produisent même si l'enfant va bien, et qu'il grandit dans un environnement harmonieux.

L'enfant âgé de 6 mois à 4 ans

À cet âge, il connaît des difficultés à se coucher et des éveils répétés pendant la deuxième partie de nuit :

  • Il commence à craindre la séparation parce qu'il a une plus grande conscience de lui-même et de ce qui l'entoure. Il peut parfois avoir peur de se laisser aller au sommeil, signe pour lui de possibles cauchemars ou d'hallucinations hypnagogiques (terme expliqué dans le paragraphe suivant) .
  • L'enfant est calme dans son lit, ses yeux sont ouverts, il joue tranquillement avec son doudou, et se rendort : ces éveils de nuit font partie du sommeil de cet âge, et sont sans problème, sauf si l'enfant appelle son parent et réclame un biberon, une histoire, un câlin, donc s'il a besoin d'une autre personne pour se rendormir.
  • L'acquisition de la marche, de la propreté et du langage au cours de la deuxième année, sont comme des performances physiques et intellectuelles inouïes. Le travail cérébral est très intense et peut provoquer des difficultés de sommeil momentanées (nous les adultes, ne dormons pas toujours bien avant un examen, ou avant de prendre l'avion!) .

L'enfant entre 4 et 12 ans : une période calme

Il s'endort vite le soir et son sommeil est profond. Chacun de ses cycles de sommeil a la même durée que celui d'un adulte, et progressivement, il ne fait plus de sieste, ce qui est compensé par l'augmentation du temps de sommeil lent profond au début de la nuit, d'où l'apparition possible de :

  • terreurs nocturnes : dans les 3 premières heures de la nuit, l'enfant s'agite, ne reconnaît pas son parent, a des nausées, transpire, son rythme cardiaque est rapide, et il ne se souvient de rien le lendemain. Simplement, il faut le recoucher sans le réveiller ;
  • accès de somnambulisme ;
  • énurésie : « non-contrôle vésical nocturne » .

Ces signes ne sont pas inquiétants dans cette période même s'ils peuvent impressionner les parents. Ils sont en lien avec l'importance du sommeil lent profond qui ne parvient pas à s'alléger, entraînant alors des « emballements moteurs involontaires, inconscients ». L'enfant n'en garde pas de souvenirs si ses parents ne le réveillent pas.

L'enfant vit aussi :

  • des périodes d'imaginations avec monstres, voleurs, guerre, etc. ;
  • les questionnements profonds : vie, mort, deuil, amitié, Dieu... ;
  • le rythme scolaire ; la vie de plus en plus intense avec les copains ;
  • la relation avec les parents, etc.

Peur du soir

La tombée du jour est un temps de transition et il est moins facile de gérer ses inquiétudes et ses émotions nouvelles et inconnues la nuit plutôt que la journée : solitude, froid, peur du noir, colère, jalousie, premiers jours en crèche, etc.

Hallucinations hypnagogiques vers 3 ou 4 ans

Du grec, agôgos qui conduit, et hypnos : sommeil, ces illusions normales, précèdent ou viennent juste après le sommeil. Elles ont une explication neurophysiologique et existent chez tous. L'enfant est conscient et peu vigilant. Il peut sursauter, éprouver une sensation de paralysie ou de chatouillement (il pense alors à une fourmi), les ombres de la chambre peuvent devenir inquiétantes, il entend des bruits qu'il ne sait plus reconnaître (le vent, le lave-vaisselle…) . Psychiquement, il a peur d'un monstre dans le placard, etc. Cette « dissociation éveil-sommeil du corps et de la conscience » est angoissante.

Astuces pour un sommeil de qualité chez l'enfant

Équilibre de la journée

Si un enfant rencontre un trouble du sommeil, penser encore plus à organiser un rythme tranquille, apaisé et régulier de ses journées est vraiment important. Les désagréments disparaissent alors au bout de quelques nuits.

Coucher et endormissement sereins

La qualité du rituel du soir est le fondement de l'équilibre :

  • Le bonheur d'un art de vie simple et quotidien rempli de charme : se blottir et se lover dans un lit doux et chaud, retrouver le parfum familier de sa couette, retrouver une atmosphère chaleureuse et silencieuse, une lumière tamisée, favorisent une lente et progressive diminution des idées. L'esprit passe en revue les images vécues, le sommeil vient dans une « sensation frileuse », le souffle ralentit, les muscles se détendent, le corps retrouve sa position préférée.
  • Berceuse, musique aimée et savourée, histoire, câlins, confidences/connivences, paix, chaleur et affection ancrent le sommeil de nuit tranquille et confiant. Un enfant qui aime dormir, dort bien, n'a pas peur de se coucher, et se réveille tranquille le matin.
  • Offrir à son enfant un petit nid de sécurité, réconfortant et intime, bien à lui où il peut partager avec vous un moment d'échange privilégié dans la douceur est une simple clef de vie.
  • Repérer le meilleur moment d'endormissement personnel de son enfant qui est assez régulier et lié à la régulation thermique (horloge intime la plus vive) : sa température du soir baisse, l'excitation et la vigilance diminuent (pour certain, c'est vers 18 heures, mais 20 heures pour d'autres. L'enfant baille, a envie de sucer son pouce, de se blottir. Ou au contraire, il est hyper-excité, mais c'est un signe de fatigue contre lequel il lutte.
  • Natation, vélo, jardinage, marche, en fin d'après midi sont précieux avant un moment de relation calme avec les parents. S'il est encore trop agité, un bain chaud, ou de l'eau fraîche sur son visage sont apaisants.
  • Ne pas menacer son enfant d'aller au lit, ne pas le coucher dans son lit pour le « calmer » : tout chantage est une prise de pouvoir, et signe de méconnaissance de ses rythmes physiologiques profonds. Par contre, une tranquille fermeté apaise l'enfant et le contient, car pour lui, n'avoir aucune limite est très déstabilisant.
  • Après un moment de chagrin ou de colère, mieux vaut essayer ensemble d'en comprendre le pourquoi, et découvrir les émotions et désirs qui sont cachés.
  • Parler vrai à son enfant le sécurise et l'apaise : dites-lui si vous devez vous absenter un soir. Expliquez-lui sa rentrée à la crèche ou à l'école.
  • Devant les peurs du soir, la réassurance est vitale en expliquant à l'enfant ce qui se passe, et comment s'en sortir : l'enfant a besoin d'être écouté, entendu et de se sentir compris.

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