Burn-out familial

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2021

Sommaire

Le burn-out familial est souvent un tabou, c'est pourtant une réalité qui concerne des milliers de parents. Les nuits trop courtes, les cris des enfants, les demandes incessantes, et les responsabilités sont autant de facteurs de stress qui se répètent quotidiennement et qui peuvent mener à cet état d’épuisement, parfois dans la culpabilité et l’indifférence.

Comment se définit le burn-out familial et comment le reconnaître ? Un point s'impose sur cet état de fatigue méconnu.

Burn-out familial : qu'est-ce que c'est ?

Le burn-out familial est une détresse psychologique apparaissant sur le long terme suite au stress et à l’épuisement. Le mot burn-out est un mot anglais qui signifie « épuisement ».

Comme dans le burn-out professionnel, il apparaît progressivement, de façon lente et sournoise. Une routine stressante, remplie de responsabilités et un manque de temps pour soi, sont souvent les ingrédients de ce surmenage qui épuise les parents psychologiquement et physiquement.

Cet état de souffrance psychologique touche plus souvent les mères d’enfants en bas âge. Du fait des changements de la société ces dernières décennies, les parents se retrouvent souvent éloignées de leur famille, sans pouvoir compter sur quelqu’un d’autre pour déléguer. Cette envie de conjuguer vie familiale et vie professionnelle, et l’éclatement de la cellule familiale, peuvent mener les mères vers un épuisement dont elles n’osent souvent pas parler.

Le burn-out apparaît souvent en 3 phases qui se succèdent par ordre chronologique :

  • L’épuisement émotionnel au cours duquel le parent se sent vidé de son énergie, perd sa motivation et son envie. Il peut y avoir des signes de douleurs physiques (mal de dos, maux de tête).
  • Le détachement émotionnel pendant lequel le parent accomplit les tâches de la vie quotidienne sans émotion et avec détachement, pour protéger ses quelques ressources.
  • Le burn-out : le parent se sent en échec et perd ses rêves de parent idéal. Une dépression apparaît avec des troubles du comportement (crises de colère, repli sur soi), des attaques de panique et des troubles du sommeil.

Causes et symptômes du burn-out familial

Dans la plupart des cas, aucun évènement particulier n’explique cet épuisement. Il n’y a pas une seule cause mais plusieurs dans l’apparition du burn-out familial :

  • Le plus souvent, c’est la confrontation entre ce que les parents avaient idéalisé de leur vie de famille et la réalité. L’envie de perfection et de maîtrise du quotidien peut mener au sentiment de ne jamais en faire assez et donc au surmenage.
  • Le parent se sent débordé par ce nouveau rôle, la reprise du travail, et les sollicitations incessantes et toujours plus stressantes. Le risque est d’autant plus important chez les mères, les pères célibataires et les parents d’enfants handicapés ou multiples (jumeaux, triplés).  

C’est simplement la routine, les sollicitations et la privation de repos qui déclenchent le burn-out familial et qui renforce la culpabilité de « ne pas y arriver ». Pourtant, admettre ses limites et ses imperfections permet de se protéger et de ne pas aggraver la souffrance.

Le burn-out familial touche des parents de tous les milieux socio-économiques, avec un ou plusieurs enfants, souvent en bas âge. C’est un tabou et une honte dans laquelle les parents se renferment avec une grande culpabilité.

Les symptômes varient d’un parent à l’autre mais tous ont en commun :

  • Un désir de perfection et de bien faire avec souvent une vision idéale d’eux-mêmes et de leur enfant qui ne correspond pas à la réalité.
  • Une très grande fatigue physique et psychique avec une perte d’énergie et de motivation.
  • Une attitude négative, une tristesse, des pleurs, une baisse de l’estime de soi et un sentiment de culpabilité.
  • Un détachement émotionnel (pour se protéger des stress répétés).
  • Des symptômes physiques de souffrance : maux de tête, de ventre, malaises ou palpitations.
  • Des troubles du comportement avec irritabilité, crises de colère, automutilations et/ou agressions envers les enfants.
  • Des attaques de panique fréquentes, de l’angoisse.  
  • Des troubles du sommeil avec des difficultés d’endormissement, des réveils, des cauchemars.
  • Une perte de la libido et de l’activité sexuelle.
  • Une prise de poids ou amaigrissement.
  • Un isolement, un repli sur soi et un refus de voir la famille et les amis.
  • Des addictions diverses (jeux, sports, achats compulsifs, alcool, drogues), surtout chez les pères.

Que faire pour se sortir du burn-out familial ?

Le burn-out est tabou et enferme le ou les parent(s) qui en souffre dans la honte et la culpabilité. C’est souvent l’entourage qui donne l’alerte. Son rôle est très important dans la prise de conscience de la personne sur ses symptômes et son épuisement.

Dès les premiers signes, il est nécessaire d'en parler rapidement avec son médecin traitant ou un psychiatre. Un travail psychologique sur soi-même, sur ses propres désirs et priorités est très important, tout comme la confrontation entre la vie de famille idéalisée et la réalité. L’aide d’un psychologue peut être nécessaire pour prendre du recul.

Des temps d’échanges avec des associations d’entraide peuvent aussi aider le parent à exprimer sa souffrance sans être jugé. Des activités de relaxation dans la journée, des temps de pause et un aménagement de moments pour soi permet aussi de s’en sortir.

Dans les cas les plus graves, une hospitalisation et/ou un traitement médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques) peut être nécessaire pour aider le parent qui a sombré dans la dépression et devient parfois dangereux pour lui ou pour ses enfants. 

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