Enfant agressif

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

L'agressivité est assez fréquente chez le petit enfant. Maladroit avec l'autre, il ne sait pas encore bien utiliser le langage pour s'exprimer. Il a besoin de l'aide de ses parents pour apprivoiser toutes les émotions qui le submergent.

Essayons de découvrir selon l'âge de l'enfant, ce qui est normal et ce qui ne l'est pas, et comment réagir à ses cotés.

Quelle différence entre un enfant agressif et un enfant en colère ?

La colère est une émotion, comme la peur, le chagrin, la joie… alors que l'agressivité est un comportement provoqué par la colère.

Elle est différente de la violence car elle n'a pas l'intention de faire du mal. L'enfant ne maîtrise pas encore bien la parole et les zones cérébrales en rapport avec le contrôle n'ont pas fini leur développement.

Se mettre en colère pour le petit enfant est l'outil dont il dispose pour exprimer ce qu'il ne comprend pas, ce qui panique son parent : c'est le spasme du sanglot, qui peut survenir jusqu'à sa maturation neuronale, soit vers l'âge de 3 ou 4 ans.

L'agressivité intervient suite à une frustration externe (par exemple, l'enfant n'est pas autorisé à faire quelque chose) ou une frustration interne et se sent impuissant (par exemple, il a une maladie).

Elle peut aussi avoir plusieurs formes :

  • L'agressivité directe comme détruire ou frapper.
  • L'agressivité passive, comme manipuler une personne, bouder.
  • L'agressivité peut aussi être reportée dans le temps comme une frustration rencontrée à l'école et qui est traduite le soir à la maison. Elle est reportée sur quelqu'un d'autre ou sur un objet, comme mordre un plus petit.
  • L'agressivité refoulée, comme l'énurésie.

L'agressivité dépend de l'hérédité (caractère, sensibilité), de l'environnement (parents, amis, éducateurs… l'enfant peut exprimer une souffrance de nature familiale), du sexe de l'enfant (les garçons tapent davantage que les filles qui, elles, ont une agressivité plus verbale et se sentent plus coupables. Les hormones sexuelles ont leur influence), elle dépend également de l'âge de l'enfant.

Agressivité selon l'âge de l'enfant : comment réagir ?

Une attitude agressive chez un enfant de un an n'a pas le même sens que chez un enfant de 3 ans.

Il est indispensable d'intervenir dans chaque situation rencontrée et selon l'âge de l'enfant, d'une manière empathique, cohérente, patiente, courageuse et ferme que l'enfant intériorise petit à petit.

Enfants de 0 à 1 an

L'enfant peut crier ou pleurer parce qu'il n'est pas content, il peut parfois mordre, tirer les cheveux ou bien faire tomber des objets. À cet âge, il est maladroit car ses gestes sont encore imprécis.

Parlez tranquillement avec des mots simples à votre enfant pour lui dire d'être doux au lieu de mordre.

L'enfant de 1 à 2 ans

C'est l'âge de l'agressivité : l'enfant peut taper du pied, crier, se rouler par terre. Vers ses 36 mois (presque 3 ans), il dit NON pour s'affirmer.

Continuez de lui expliquer calmement, et avec patience que ses gestes agressifs ont un effet, et accompagnez-le vers une attitude de réparation, en lui adressant un NON FERME : « regarde, ton copain pleure car tu viens de le mordre, apporte lui son doudou ou fais-lui un bisou ».

L'enfant de 2 à 3 ans

L'enfant exprime ses frustrations par son agressivité qui continue d'être grande. Il veut faire seul, il veut être autonome, l'enfant frappe un autre enfant pour reprendre un jouet qu'il veut posséder. 

À cet âge, vous pouvez commencer à emmener votre enfant vers la réflexion, et continuer de lui demander un geste réparateur. Mais si le geste agressif recommence, emmenez l'enfant un peu à l'écart quelques instants. Puis, demandez-lui de s'excuser.

L'enfant de 3 à 5 ans

L'agression physique diminue. Au lieu de mordre ou tirer les cheveux, il essaie le langage qu'il manie de mieux en mieux, mais qu'il peut aussi utiliser pour menacer et obtenir ce qu'il désire. C'est là, une forme d'agressivité moins directe. Il commence à mieux comprendre les règles, raisonne de plus en plus, et trouve d'autres solutions que l'agression physique.

Prenez le temps avec votre enfant de parler de chaque situation et de trouver ensemble une solution de réparation, et ce qu'il va pouvoir faire d'autre la prochaine fois pour ne pas recommencer ce geste.

Au-delà de 5 ans

L'agressivité après cet âge est moins normale et peut nécessiter une consultation thérapeutique pour éviter qu'elle devienne une manière d'être habituelle, et ne s'aggrave.

Winnicot, pédiatre et psychanalyste, écrit : « un comportement antisocial n'est parfois rien de plus qu'un SOS, le désir d'être réconforté par des personnes fermes, aimantes et en qui l'on puisse avoir confiance. »

Enfant agressif : comment prévenir l'agressivité ?

Donnez de l'attention à votre enfant pour éviter qu'il ne devienne agressif :

  • Écoutez-le ; écoutez son chagrin et ses pleurs.
  • Essayez de le comprendre, il en a besoin : par exemple, est-il agressif parce qu'il est entouré d'enfants colériques et agressifs également ?
  • Veillez à ce que personne ne se moque de lui.
  • Nommez ensemble ce qu'il ressent et ce que vous ressentez afin de chercher les différents moyens de réagir sans agressivité : je vois que tu es en colère parce que je t'ai interrompu dans ton jeu.
  • Établissez des règles claires, et revenez souvent sur les attitudes admises ou non : ne pas bousculer les autres enfants, par exemple.
  • Lisez ensemble des histoires, chantez, faites des jeux, utilisez des marionnettes, inventez des théâtres qui mettent en scène les sentiments de colère, de frustration perçus par votre enfant pour qu'il développe sa sensibilité aux autres. Expliquez-lui aussi par ces intermédiaires les émotions causées aux autres : douleur, joie…
  • Mettez-le en valeur, sans excès.
  • Laissez à votre enfant des espaces où il peut jouer librement sans recevoir trop de NON de votre part, ce qui l'emmènerait vers plus de frustration et donc d'agressivité.
  • Favorisez au maximum le sport, les jeux et ballades dans la nature. Écoutez ensemble de la musique, dessinez des mandalas. Évitez les écrans : TV, ordi, tablette, téléphone… qui le sur-stimulent.
  • Câlinez-le après le moment de tourmente.

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