Décalottage

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Longtemps recommandé par le corps médical, le décalottage des bébés est aujourd'hui plutôt déconseillé. Mais la pratique rejoint-elle la théorie ? Quels sont les différents arguments avancés par les deux écoles ?

On fait le point.

Décalottage et phimosis : rappels physiologiques

Le décalottage consiste à découvrir le gland en faisant glisser le prépuce (peau qui recouvre l'extrémité du gland) vers la base de la verge.

Évolution physiologique

À la naissance, chez les garçons, le prépuce est solidaire du gland. On parle de phymosis physiologique.

  • Jusqu'à 3-4 ans, le gland ne se découvre pas. Ce n'est qu'à partir des premières érections que le gland se découvre.
  • Avec le temps, le prépuce s'élargit, s'assouplit et s'allonge.

Phimosis : définition

Le phimosis est un rétrécissement de l'extrémité du prépuce empêchant le décalottage.

À la naissance, 90 % des bébés présentent donc un phimosis physiologique. Celui-ci, dans 80 % des cas, aura disparu vers 5 ans. Et, en arrivant à l'adolescence, c'est un phénomène qui reste rare.

Il existe également ce que l'on appelle un « phimosis cicatriciel ». Il survient suite à :

  • la création d'une cicatrice consécutive à un décalottage brutal ;
  • une infection ;
  • une maladie de peau.

Décalottage de bébé : la « vieille » école

Il y a encore peu de temps, médecins et pédiatres recommandaient de décalotter les petits garçons dès que possible.

Leurs arguments s'appuyaient sur :

  • une question d'hygiène ;
  • la prévention d'un phimosis ;
  • la prévention d'infections qui pourraient se loger entre le gland et le prépuce.

Tendance actuelle : le décalottage des bébés déconseillé

Le message concernant le décalottage a considérablement évolué ces dernières années, notamment à la lumière de différentes études qui avancent les conclusions suivantes :

  • Il n'y a pas plus de phimosis dans les pays où le décalottage n'est pas pratiqué que dans ceux où il est recommandé.
  • Le décalottage peut être la source de traumatismes physiques (phimosis cicatriciels, douleur importante) et psychiques.
  • La physiologie naturelle lève les adhérences préputiales dans une très grande majorité des cas.
  • L'hygiène est respectée puisqu'il n'y a pas plus d'infections lorsqu'on « laisse faire la nature ».

Ainsi, les recommandations des urologues sont aujourd'hui les suivantes :

  • abstention de tout geste de décalottage avant l'âge de 1 an ;
  • respect de l'évolution naturelle du prépuce jusqu'à l'âge de 5 ans ;
  • traitement en première intention par des corticoïdes locaux des phimosis congénitaux ou secondaires avant tout geste chirurgical.

Ces nouvelles recommandations simplifient nettement la vie des petits garçons que l'on laisse « tranquilles » et celle des parents qui ne souhaitent pas avoir de geste au minimum douloureux.

Mais, si la recommandation actuelle serait de « ne rien faire », en pratique, le message n'est pas toujours bien relayé.

Phimosis : motifs de consultation et décalottage

Symptômes à signaler

Restent quelques motifs de consultation :

  • si le phimosis persiste après 5 ans ;
  • si le gland, décalotté, ne peut plus revenir dans son prépuce : c'est une urgence médicale ;
  • si l'enfant a du mal à uriner ou s'il éprouve des douleurs lorsque son pénis est en érection ;
  • si l'urine ne sort pas en jet régulier ou est projetée dans toutes les directions.

De même si, à l'adolescence, le jeune homme ressent des problèmes liés à des adhérences préputiales ou un phimosis provoqué, il faut alors consulter.

Traitement d'un phimosis

Si le phimosis ne disparaît pas avec l'âge. Il peut être réglé de deux façons :

  • Après application d'une crème anesthésiante, le médecin force le décalottage.
  • On peut pratiquer une intervention chirurgicale : la circoncision.

Pour approfondir le sujet :

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